VOYAGE DES AMIS DU MUSEE DOBREE

 

SAMEDI 26 AVRIL 2003 :

A 13h30, arrivée à l'aéroport de Sacavem, au nord de Lisbonne (à 3 km de la place du Commerce!).
Avant d'atterrir (dans le sens nord-sud), l'avion décrit un grand cercle autour de Lisbonne dans le sens inverse des aiguilles d'une montre : la vue la plus intéressante est à gauche.
LISBONNE :
Certains disent qu'il y a eu deux tremblements de terre à Lisbonne :
En 1755 : (tremblement de terre,raz-de-marée, incendie) toute la Baixa a été détruite et reconstruite de façon rationnelle avec des rues se coupant à angle droit (urbanisme de New-York au XVIIIe s.).
En 1998 : l'année de l'Exposition Universelle qui a vu,
outre la construction du site de l'expo avec salles de spectacle et d'exposition
un nouveau quartier d'affaires et d'habitations avec jardins le long du Tage,
la construction d'un nouveau pont,
le passage du train sous le 1er,
une nouvelle gare internationale,
deux nouvelles lignes de métro,
des voies sur berge avec remplacements des docks par des bars et restaurants,
et d'une façon générale, un nettoyage systématique des monuments de la capitale,
et une politique novatrice d'aide à la restauration et à la réhabilitation des quartiers anciens.
Lisbonne c'est 500 000 hab dans le centre et une agglomération de +3 millions d'hab.
C'est donc un port et un amphithéâtre de collines (7 comme à Rome) ouvert au sud sur la "mer de paille", en réalité l'estuaire du Tage qui s'élargit démesurément avant de franchir un ultime goulet avant l'Atlantique à 10 km.
Le centre de Lisbonne est une ville XVIIIe avec de nombreuses et très jolies églises baroques en marbre blanc, et des immeubles de rapport très homogènes au style simple mais élégant (Pombalien) qui cachent des structures antisismiques en X de bois.
A noter, outre la présence de panneaux d'azulejos qui couvrent parfois des façades entières,
les trottoirs réalisés en mosaïques de petits pavés blancs et noirs (très glissants sous la pluie!).
Lisbonne a conservé également plusieures lignes d'un tramway en bois qui date des annnées 30.
Enfin c'est l'ancienne capitale d'un vaste empire colonial avec une population africaine très visible (Angola, Mozambique, Guinée, Cap-Vert,...)

VISITE ESTUFA FRIA (serre froide) : dans le parc Edouard VII, vaste espace vert dans le prolongement de l'avenida da Liberdade, une oasis tropicale de plantes exotiques et de cascades; dépaysement garanti en plein centre de la ville; serre chaude avec cactus.

VISITE HOTEL RITZ : construit en 1959 en bordure du parc Edouard VII, c'est un véritable musée des années 50-60 avec tapisseries de Portalegre sur des cartons des plus grands artistes portugais de l'époque (Almada), des panneaux de bois précieux et de laque gravée, 40 000 m2 de marbre, des appliques en bronze doré et en cristal, du mobilier typique des palaces de cette époque. C'est un associé du banquier et collectionneur Ricardo Espirito Santo Silva qui a coordonné la construction de l'hôtel. C'est d'ailleurs la Fondation du même nom (jumelée à Dobrée) qui a réalisé dans ses ateliers une grande partie du mobilier.

DINER MAISON PRIVEE PRES DE LA SÉ :
Ce quartier est le plus ancien de Lisbonne et ce sont les arabes qui lui ont donné son nom (Alfama) où ils ont continué à vivre en communauté après la reconquête; le tremblement de terre l'a épargné et il présente toujours un aspect de village maure aux ruelles étroites où sèche le linge et où jouent des enfants et des chats.
La Sé est la cathédrale romane (1147) de Lisbonne construite par Afonso-Henriques à la place de la mosquée; le modèle est français, mais l'aspect est d'une solide forteresse qui pouvait servir de refuge en cas d'attaque des maures.
La maison de nos amis Caiado est l'archétype de l'immeuble de rapport pombalien : façade en enduit peint jaune, pilastres de pierre, ferronnerie et porte d'entrée en "verde garrafa", escalier en bois et panneaux d'azulejos, ...

 

 

DIMANCHE 27 AVRIL :

VISITE DU MONASTERE D'ALCOBAÇA :
Un très bel exemple de roman cistercien (consacré en 1252) d'influence française et sur les plans de Claivaux. Rappelons que le père du premier roi du Portugal était français et même capétien et que la reconquête s'est faite avec l'aide de chevaliers francs qui arrivèrent en plusieures vagues pendant deux siècles et à qui l'on donna des terres pour s'y établir.
C'est la plus vaste des églises médiévales du Portugal : 3 nefs, 12 travées, voûte d'ogives, une pureté de lignes sans pareille (Salazar a fait détruire une gloire baroque qui ornait le chur...).
A voir le cloître du Silence avec sa galerie d'époque manuéline et dans les transepts les tombeaux de Pedro et de la "reine morte" Ines de Castro, chef-d'uvres XIVe de la sculpture gothique (les chiens à visages humain représenteraient les assassins de la reine).
L'histoire : pour des raisons politiques, Pedro avait été obligé d'épouser Constance la fille du roi de Castille mais il aimait Ines qui devint officieusement sa femme et lui donna quatre enfants; elle vivait au monastère de santa Clara à Coimbra et pendant une absence de Pedro fut tuée sur l'ordre du roi Afonso IV; devenu roi à son tour, Pedro fit périr les assassins d'Ines de façon très cruelle, fit exhumer son corps, la fit couronner à Coimbra et obligea toute la Cour à venir baiser la main de la "reine morte".

VISITE DU MONASTERE DE BATALHA :
Presqu'un siècle et demi après (1585), et pour commémorer la bataille d'Aljubarrota qui consacra l'indépendance du Portugal contre les Castillans, João I fit édifier ce chef-d'uvre mondial de l'art gothique flamboyant (influence anglaise : la reine Filipa de Lancastre était anglaise).
La construction dura un siècle donc jusqu'à la période manuéline auquel appartient déjà le grand cloître, la salle capitulaire (avec sa voûte incroyable réalisée par des condamnés à mort!) et les fameuses "capelas imperfeitas" (non pas imparfaites mais inachevées), en forme d'octogone, elles étaient destinées à devenir le panthéon de la dynastie des Avis : on y voit un arc monumental, les voûtes des chapelles et le socle des énormes piliers dans un délire de festons de pierre archétype de l'art manuélin.

INSTALLATION A LA QUINTA DA ANNUNCIADA VELHA : propriété agricole dont les fondations remontent à la fin du XIIe s., a appartenue aux Templiers puis à d'autres ordres religieux, acquise au début du XIXe par le marquis de Tomar, elle appartient toujours à ses descendants.

 

 

LUNDI 28 AVRIL :

TOMAR :

EGLISE NOSSA SENHORA DA CONCEIÇAO : construite en 1547 par João de Castilho (un des architecte du couvent du Christ) bel exemple du classicisme italien dans la péninsule ibérique.

COUVENT DU CHRIST : au milieu du XIIe s., près du Tage, comme appui stratégique dans l'avancée chrétienne vers le sud, les templiers édifie une forteresse et un couvent sur la hauteur dominant la ville de Tomar. Ils achèvent la rotonde en 1250.
En 1310, Dom Dinis supprime les Templiers et crée l'ordre du Christ.
En 1510 Dom Manuel commande la construction de l'église du couvent à Diogo de Arruda également auteur de la fameuse fenêtre du Chapître véritable emblème de l'art manuélin : prolongement du gothique flamboyant avec des infuences mauresques, orientales et espagnoles, avec une exubérance des éléments décoratifs faits de motifs végétaux ou nautiques chargés d'une symbolique complexe et toujours accompagnés des croix de l'ordre du Christ et des sphères armillaires.
João de Castilho achève l'église en 1515 et de 1523 à 1549 il ajoute au couvent une énorme structure s'articulant autour de six cloître avec une esthétique nouvelle.
En 1558, Diogo de Torralva reconstruit les façades extérieures du grand Cloître dans un style Renaissance.

VISITE DE LA VILLE DE TOMAR :
Eglise manuéline de São João Baptista du début du XVIe s.: de style gothique tardif, on peut y retrouver tout le vocabulaire manuélin (blason royal, croix du christ, sphères armillaires)
Synagogue du XVe s. : rarissime exemple de temple médiéval qui servait également d'assemblée, de tribunal et d'école pour la communauté juive jusqu'à sa fermeture en 1496 par Dom Manuel qui exigea la conversion de tous les juifs.
Eglise romane de Santa Maria dos Olival du milieu du XIIIe s.: c'est le panthéon des grands maîtres des templiers (on y trouve celui de Gualdim Pais, le 1er Grand Maître), magnifique rosace gothique.

VISITE DE LA QUINTA DE BEZELGA : belle propriété élevée en majorat en 1511 pour l'envoyé du duc d'Albuquerque aux Moluques à son retour des Indes; toujours dans la même famille, elle appartient aujourd'hui à la comtesse de Nova Goa.

 

 

MARDI 29 AVRIL :

TRAVERSEE DU RIBATEJO : comme son nom l'indique, c'est la région en bordure du Tage; plaine alluvionnaire, très fertile, elle se prête à l'agriculture intensive et à l'élevage (troupeau de plus de 300 têtes!); on y trouve aussi des élevages de taureaux et plusieures villes organisent des courses dans leurs rues.
Eglise de Atalaia : Renaissance, magnifique panneaux de majoliques
Eglise Matriz de Golegã :
Quinta da Broa : orgueil de la famille qui la possède depuis plusieures générations : murs peints à fresque (XIXe), mobilier ancien, et élevage de chevaux.

VISITE DE SANTAREM : jalon important dans la reconquête du Portugal qui ouvrait la route vers Lisbonne, elle a connu plusieurs sièges de la part des maures qui voulaient la reprendre.
Belles églises : Seminario (baroque), Marvila (manuéline avec de somptueux azulejos), Graça (gothique où se trouve la sépulture de Pedro Alvares Cabral, le découvreur du Brésil)

ARRIVEE EN ALENTEJO A VILA VIÇOSA : un tiers de la surface du Portugal, c'est la province la plus étendue; paysage caractéristique de plaines ondulées, de terre rouge, de chênes-liège (1er producteur mondial!), hiver rigoureux et été caniculaire, très peu peuplé (6% de la pop); c'est le pays des "latifundias", immenses propriété de milliers d'hectares, constituées à l'époque romaine, elles ont traversé la période islamique, médiévale et moderne presque sans changement jusqu'à la révolution de 1974 et la réforme agraire qui a vu un certain morcellement de la propriété et l'installation de municipalités communistes. Les villes et villages sont très bien préservés et la chaux est omniprésente.

 

 

MERCREDI 30 AVRIL :

VISITE DU PALAIS DE VILA VIÇOSA : longue façade palladienne en marbre blanc, c'était la résidence des ducs de Bragance et de quelques rois. Comme au palais d'Ajuda à Lisbonne, objets d'art comme ustensils de cuisine sont restés en place comme si le roi était parti hier.
Histoire : après la domination espagnole des Philippe durant 60 ans, Dom João IV, duc de Bragance, riche et cultivé, restaure la monarchie portugaise et l'indépendance du pays en 1640 (guerres d'indépendance jusqu'en 1665) ; la dynastie des Bragance va perdurer jusqu'à la proclamation dela république en 1910.
Beaux jardins dessinés au XVIe s. et un peu modifiés au XIXe : buis taillés, topiaires, cyprès, beaucoup d'agrumes, bassins d'eau, bancs et murets chaulés dessinent l'archétype des jardins de tradition romano-islamiques du sud du portugal.

VISITE DE LA QUINTA DO GENERAL A BORBA : Borba est un des grands noms des vins d'Alentejo. Cette quinta du General fait partie de ces grandes propriétés patriciennes construites par la noblesse qui aida Dom João IV a monter sur le trône. Plusieurs détails dans la partie la plus ancienne de la quinta et dans ses jardins datent de l'époque islamique. Plus encore qu'à Vila Viçosa, l'eau est omniprésente. Selon la tradition, on célébrait des messes campagnardes à ciel ouvert dans un verger réservé à cet usage.

VISITE DE LA QUINTA DO CARMO A EXTREMOZ : construit pour la maitresse du roi João V, cette immense propriété a gardé tout son mobilier d'origine. Les jardins de cette quinta datent de la 1ère moitié du XVIIIe s. Il s'agit d'un grand quadrilatère aux murs immaculés et bordé de bancs de conversation en maçonnerie adossés à des fenêtres ouvrant sur l'extérieur. De la grande cour d'arrivée on passe ensuite par ce jardin pour accèder à un endroit plus intime, la "casa de fresco" qui abrite un grand réservoir d'eau comme souvent dans tous les jardins d'Alentejo.

INSTALLATION A LA POUSADA : installée dans le château qui domine la ville haute de son donjon du XIIIe s. Le lieu est chargé d'histoire : salle d'audience du roi Dom Dinis, chapelle de la reine Santa Isabel (le miracle des roses : "são rosas senhor"), immense salon de réception où Dom Manuel a reçu Vasco da Gama avant son départ pour l'Inde.

 

 

JEUDI 1er MAI :

VISITE DE LA VILLE D'EVORA : capitale du haut-Alentejo et une des plus belles cités du Portugal. Importante place forte au temps des Romains (temple de Diane). Au XVe et XVIe s., avec la présence de la Cour, elle connut une vie culturelle et artistique très riche. L'Inquisition en fit la capitale des jésuites. Cathédrale dans le style saintongeais de la fin du XIIe s., musée d'art sacré, musée régional (tableaux), église São Francisco (capela dos ossos), ancienne université, praça do Giraldo, ...
Patio de São Miguel : plus connu comme Paço dos Castros ou encore Paço dos condes de Bastos, il s'agit d'un palais dont les fondation remontent à l'époque des maures. Remanié au XVIe siècle, il possède de remarquables plafonds peints sur voûte. Palais typique de l'Alentejo, ses fenêtres géminées à l'arc outrepassé et sa vaste loggia-galerie ornée de colonnes toscanes sont ouvertes sur un verger constitué d'orangers et de citronniers cerné de hauts murs percé de deux fenêtres ouvrant sur la campagne. Ce palais appartient à la comtesse de Vilalva et est géré par la fondation Almeida créée par son mari.

VISITE DU COUVENT DE CARTUXA : XVIIe, un des plus intéressants grand cloître du pays : proportions grandioses avec 100 m de côté et 76 arcs en plein cintre sans galerie supérieure ce qui donne une sensation d'espace extraordinaire; beaux cyprès et une centaine de très vieux orangers.

 

VENDREDI 2 MAI :

LISBONNE :

Dans le quartier de l'Alfama :
Visite de la Fondation Espirito Santo, musée d'art décoratif installé dans un palais du XVIIe siècle.

Dans le quartier de Madragoa :
Visite du musée d'Arte Antiga, musée de peinture (primitifs portugais avec le fameux polyptique de Nuno Gonçalves) et d'objets d'art (ex: orfèvrerie française de Thomas Germain, et aussi mobilier indo-portugais, extraordinaires paravents japonais, etc).

Au-dessus du monastère de Belem et du quartier du même-nom :
Visite du palais royal d'Ajuda (XIXe)

Dans le quartier du Chiado :
Diner au Gremio Literario, célèbre club litéraire et politique.


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